La Crue de la Seine - janvier 1910 

Les crues centennales de la Seine avant 1910


L'histoire de Paris retient deux crues importantes de la Seine avant 1910, qui fut celle qui marqua fortement la région. En effet, la multiplication des constructions rendit cette catastrophe impressionnante et dramatique, mais la ville connut avant cela de nombreux phénomènes similaires.

Ainsi, en 1658, le fleuve sortit de son lit avec un niveau supérieur à la normale de près de 8 mètres. L'eau brisa deux arches du pont reliant l'Ile Saint Louis à la rive droite de Paris, faisant une soixantaine de victimes. A cette époque, les habitations pouvaient être construites sur les ponts, mais la catastrophe fut le point de départ d'une loi interdisant cette pratique, protégeant ainsi les parisiens d'une montée de la Seine dévastatrice.

En 1740, plus de 7 mètres d'excédent d'eau ont pu être mesurés. Les conséquences furent importantes, puisque de nombreuses habitations et zones portuaires furent inondées, laissant les parisiens impuissants face aux dégâts.

1802 et 1876 furent deux années noires pour la région parisienne, puisque la Seine déborda de nouveau, laissant différentes communes telles que Joinville et Maison-Alfort englouties par les eaux.

La crue centennale de 1910


Référence en terme de crue de la Seine, l'évènement de 1910 a marqué les esprits par son ampleur. En janvier 1910, de nombreux épisodes pluvieux se succèdent, faisant déborder la Seine de plus de 8 mètres.

Les conséquences sont désastreuses pour la ville de Paris et ses alentours, vingt mille immeubles sont inondés dans la capitale et plusieurs milliers d'habitations sont sinistrées en banlieue.

Des quais, l'eau gagne les caves parisiennes, sature les égouts, inonde la gare de Lyon et la quasi totalité des 7 stations de métro de l'époque, en envahissant de nombreux quartiers de la ville, dont le célèbre Boulevard Haussmann.

L'inondation fera un mort et la ville se retrouvera paralysée pendant plus d'un mois avant que la décrue ne s'effectue entièrement. Les parisiens installent des planches de bois pour traverser la rue hors de l'eau et se déplacent en barques, tout comme les députés qui se rendent à l'assemblée nationale munis de lampes à pétrole.

Les horloges publiques et les ascenceurs sont à l'arrêt, l'eau ayant également sinistré l'usine produisant l'air comprimé nécessaire au bon fonctionnement de ce matériel. La banlieue n'est pas non plus épargnée, puisque de nombreuses villes sont inondées, dont Ivry-Sur-Seine. L'eau s'engouffre dans l'usine Pagès Camus, productrice de vinaigre, la faisant exploser et détruisant de nombreux bâtiments et habitations.

Les dégâts de cette crue seront évalués à 1.6 milliards d'euros.

La mémoire collective est imprégnée des images de Paris sous les eaux, à la suite de la crue centennale de 1910. Pourtant, c'est l'ensemble de la vallée de la Seine qui est alors affecté, comme en témoigne ces cartes postales des Mureaux, où l'on devine les dommages causés par l'inondation.